La fourmi charpentière est l’une des plus grandes fourmis d’Europe (6 à 15 mm), noire ou noirâtre avec parfois le thorax rougeâtre. Elle vit en société très organisée.
Pourquoi s’attaque-t-elle à votre maison ?
Il faut comprendre que la fourmi charpentière ne mange pas le bois. Elle le creuse uniquement pour y habiter. Elle s’attaque à votre maison pour faciliter de nidification et la chaleur. Elle cible les bois humides ou tendres, mais aussi et surtout vos isolants thermiques (polystyrène, polyuréthane) qu’elle déchiquette aisément. Votre maison agit comme un incubateur : souvent, le nid principal est à l’extérieur (dans une souche), et la colonie installe des nids satellites dans vos murs pour y placer les larves au chaud.
Le cycle de vie de la fourmi charpentière
Tout commence par une reine fécondée qui cherche une cavité pour pondre. L’œuf devient une larve, puis une nymphe, et enfin une ouvrière en environ 60 jours. Mais le danger est progressif : il faut 3 à 6 ans pour qu’une colonie soit mature. C’est à ce moment-là qu’apparaissent les formes ailées que vous voyez voler. Si vous observez des fourmis volantes à l’intérieur, cela signifie que le nid est installé chez vous depuis plusieurs années et compte déjà des milliers d’individus. La reine, elle, peut vivre plus de 15 ans.
C’est un insecte discret qui travaille souvent la nuit, mais il laisse des traces que nous savons repérer :
Les déchets composites
C’est le signe le plus fiable. Comme elles ne mangent pas ce qu’elles creusent, elles évacuent les débris. Vous trouverez des petits tas de « sciure » au sol, mais à la loupe, cette sciure contient aussi des fragments d’insectes morts, des bouts d’isolant ou de plastique.
Les sentiers de circulation
Des files indiennes de grosses fourmis qui montent le long de votre fondation, passent par une branche d’arbre touchant le toit ou circulent sur la terrasse sont un signe d’activité intense entre le nid extérieur et votre maison.
Le bruit dans les murs
Dans le calme absolu, une grosse colonie produit un bruissement sec caractéristique (semblable à du papier froissé) dans les cloisons ou les doublages.
La présence d’individus ailés
L’émergence soudaine de fourmis ailées à l’intérieur de la maison au printemps est la preuve formelle qu’un nid mature est présent dans la structure.
Traiter la fourmi charpentière demande de la ruse pour ne pas disperser la colonie. Nous utilisons la méthode dite du « Cheval de Troie » qui se décompose en 4 phases techniques.
Étape 1 : Le traçage et diagnostic
Avant toute application de produit, nos techniciens réalisent une enquête de terrain pour cartographier précisément l’infestation. Il faut distinguer le :
- Nid satellite, souvent situé dans votre isolation ou vos doublages pour maintenir le couvain au chaud,
- Nid principal où réside la reine, qui se trouve généralement à l’extérieur dans une souche, un tas de bois ou un arbre sénescent.
Nous recherchons les pistes phéromonales que les ouvrières empruntent le long des tuyaux, des câbles électriques ou des branches touchant la toiture. Cette étape de traçage permet d’identifier les points d’entrée stratégiques et les facteurs aggravants pour positionner le traitement là où il sera fatal à la colonie et non là où il serait inutile.
Étape 2 : Le traitement par appât biocontaminant (Méthode de la Trophallaxie)
Nous appliquons un gel alimentaire professionnel à haute appétence, formulé avec une molécule active à effet retard. Contrairement aux sprays du commerce qui tuent immédiatement et alertent la colonie, notre gel laisse l’ouvrière vivante suffisamment longtemps pour qu’elle retourne au nid.
Par le mécanisme biologique de la trophallaxie, qui consiste en l’échange de nourriture de bouche-à-bouche, l’ouvrière partage ce repas piégé avec les autres fourmis, les larves et finalement la reine. Le poison agit tel un virus invisible, détruisant la colonie de l’intérieur en quelques jours.
Étape 3 : Traitement de surface (si nécessaire)
La barrière périmétrique
Une fois le processus de contamination interne enclenché, il faut sécuriser l’enveloppe du bâtiment pour couper les ponts avec l’extérieur. Nous procédons à la pulvérisation d’un insecticide de contact spécifique sur les fondations, les cadres de fenêtres, les seuils de portes et les sous-toitures.
Nous utilisons exclusivement des produits non-répulsifs, ce qui signifie que les fourmis éclaireuses venant de l’extérieur traversent cette zone traitée sans la détecter. Elles s’imprègnent du produit et meurent ultérieurement ou contaminent leurs congénères par simple contact.
Le traitement des bois
Cette étape corrective intervient lorsque le diagnostic révèle que les fourmis ont causé des dégâts physiques aux pièces de charpente comme les poutres, les sablières ou les poteaux. Si le bois a été excavé et transformé en feuilleté, nous réalisons un traitement par injection sous haute pression, similaire à celui utilisé contre les capricornes. Cette action permet de :
- Éliminer les derniers survivants isolés dans les galeries profondes ;
- Saturer le bois d’un produit fongicide et insecticide.
Le bois ainsi traité devient totalement inhabitable et immangeable. Cette condition dissuade définitivement toute future reine de venir réinstaller une nouvelle colonie dans les anciennes galeries laissées vides.
Étape 4 : Suivi
La destruction de la colonie n’est pas instantanée. Un contrôle peut être nécessaire après 3 à 4 semaines pour vérifier l’arrêt de l’activité et remettre des appâts si la colonie était particulièrement vaste.
Le traitement est généralement moins lourd en travaux que pour les xylophages classiques. Le tarif dépend de la surface à traiter et de la complexité pour atteindre les nids.
Traitement | Prix indicatif (€ TTC) | Durée estimée |
Traitement par gel (Forfait) | 350 – 950 € | 1 intervention |
Traitement Gel + Pulvérisation | 350 – 700 € | 1 demi-journée |
Note : Ces tarifs incluent le déplacement et les produits professionnels. Un devis exact est établi après diagnostic.
Pour stopper l’invasion sans endommager davantage vos murs, faites appel à un professionnel. Contactez BZH Qualité.