Comment reconnaître une infestation des fourmis charpentières ? Liste des premiers signes

En Bretagne, l’humidité ne favorise pas seulement les champignons lignivores. Elle attire également des insectes sociaux capables de causer des dégâts structurels importants : les fourmis charpentières (Camponotus spp.).
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En Bretagne, l’humidité ne favorise pas seulement les champignons lignivores. Elle attire également des insectes sociaux capables de causer des dégâts structurels importants : les fourmis charpentières (Camponotus spp.).

Contrairement aux termites qui mangent le bois, la fourmi charpentière le creuse pour y habiter. Cette nuance est importante, car elle modifie la façon de repérer l’infestation. Une colonie installée dans l’isolation ou la charpente peut fragiliser une maison de l’intérieur. Ce guide technique vous aide à identifier les indices physiques et comportementaux d’une invasion de fourmis charpentières.

La fourmi charpentière : un géant parmi les insectes

Pour identifier ce nuisible, il faut d’abord observer sa morphologie. La fourmi charpentière se distingue des fourmis de jardin classiques par sa taille imposante. Les ouvrières mesurent entre 6 et 13 mm, tandis que la reine peut atteindre 2,5 cm.

Sa couleur varie généralement du noir au brun foncé, avec parfois des teintes rougeâtres sur le thorax (la partie centrale du corps). Ce n’est pas un insecte xylophage. Elle ne se nourrit pas de bois, mais d’insectes, de miellat, de sucre et de viande. Si elle pénètre dans le bois, c’est uniquement pour bâtir son nid.

Mode de vie et nidification : pourquoi s’attaquent-elles au bois ?

Ces fourmis recherchent en priorité le bois humide ou en début de décomposition, car il est plus facile à forer. Une infiltration d’eau, un problème d’étanchéité autour d’une fenêtre ou du bois de chauffage stocké trop près des murs sont des facteurs aggravants.

Le fonctionnement de la colonie est particulier. Le nid principal, abritant la reine, se trouve souvent à l’extérieur (dans une souche, un arbre mort ou du bois pourri). Ce sont les nids satellites, sans reine, mais remplis d’ouvrières et de larves, qui sont construits à l’intérieur des habitations pour profiter de la chaleur et de la proximité des vivres. Elles s’installent dans les poutres, les cadres de fenêtres, mais aussi dans les matériaux isolants comme l’uréthane ou le polystyrène.

Diagnostic visuel et sonore : les indices d’une activité intense

Comme ces insectes vivent cachés dans les structures, l’infestation peut passer inaperçue durant les premières années. Une colonie devient mature et vraiment destructrice au bout de 3 à 6 ans, comptant alors plus de 2000 individus. Voici les signaux d’alerte à surveiller.

La présence de sciure (la vermoulure)

C’est l’indice le plus fiable pour différencier la fourmi charpentière du termite. Puisque la fourmi ne digère pas le bois, elle doit évacuer les débris hors de ses galeries. Vous trouverez des petits tas de sciure fine, ressemblant à de la poussière de bois ou à des copeaux de crayon, au pied des murs, sur les rebords de fenêtres ou dans les coins sombres. Si vous nettoyez et que ce tas se reforme rapidement, l’activité est intense, juste au-dessus.

L’observation des individus (ouvrières et ailées)

Croiser une fourmi isolée n’est pas alarmant. En revanche, voir régulièrement de grosses fourmis noires circuler dans la maison, surtout le soir (elles sont actives la nuit), est un signe préoccupant.

Le signal le plus fort survient au printemps : l’apparition de fourmis ailées. Il s’agit des reproducteurs qui sortent pour fonder de nouvelles colonies. Si vous voyez un essaimage à l’intérieur de votre domicile ou des fourmis ailées sortant d’une fissure, cela signifie qu’une colonie mature est déjà installée dans vos murs.

Une présence anormale en hiver

Les fourmis entrent normalement en dormance durant la saison froide. Si vous observez des fourmis actives à l’intérieur de votre habitation en plein hiver, cela indique qu’un nid est établi dans la structure chauffée de la maison.

Le bruit dans les cloisons

Lorsque la colonie est importante, l’activité des milliers d’ouvrières devient audible. Le soir, dans le silence, il est possible d’entendre un bruissement sec ou un cliquetis provenant des murs ou des plafonds. Ce son est produit par les mandibules des fourmis qui arrachent les fibres du bois ou grattent l’isolant.

Confusion possible : fourmi charpentière ou termite ?

La confusion entre fourmi charpentière et termite est courante, car ces deux insectes s’attaquent aux structures en bois. Pourtant, leur mode d’action et les indices laissés sur place sont très différents.

La présence de sciure

La fourmi charpentière creuse des galeries et rejette une sciure visible au pied des structures. Le termite, lui, mange le bois sans produire de sciure et laisse des zones creuses ou fragilisées, parfois couvertes de boue séchée.

L’aspect interne du bois

Les galeries des fourmis charpentières sont nettes et lisses, avec un aspect presque poncé. Les dégâts laissés par les termites rendent le bois friable et couvert de terre et de résidus.

Ces différences sont importantes, car elles impliquent des risques et des traitements distincts. Seul un professionnel peut confirmer l’origine des dommages.

Traitement et préservation : une intervention technique nécessaire

Détruire un nid de fourmis charpentières est complexe. L’usage d’insecticides grand public disperse la colonie qui va alors créer d’autres nids satellites ailleurs dans la maison.

Pour éradiquer le problème, la méthode doit être méthodique :

  • Repérage du nid : Il faut souvent suivre les pistes olfactives des fourmis la nuit pour localiser l’entrée principale.
  • Traitement de la cause : Comme pour le charançon ou la vrillette, la présence de ces fourmis signale un problème d’humidité. Il faut identifier l’infiltration ou la zone de condensation qui a rendu le bois attractif.
  • Destruction de la colonie : L’intervention nécessite des produits professionnels injectés directement dans le nid ou l’utilisation d’appâts spécifiques que les ouvrières ramèneront à la reine.

En Bretagne, BZH Qualité vous accompagne pour diagnostiquer l’origine de l’humidité qui attire ces insectes et traite le problème afin de protéger durablement vos boiseries.

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